Beloved de Toni Morisson : fantômes et droits de l’Homme

beloved de Toni MorrissonAuteur : Toni Morrisson
Titre : Beloved
Genre : Fiction historique,
Langue Originale : Anglais

—-  Résumé —-

C’est l’histoire d’une femme noire qui a tué son bébé nommée Beloved, pour la « sauver  » des tortures et de l’esclavagisme que subissaient les noirs Africains depuis la traite négrière . 18 ans plus tard, ce passé sombre revient pour hanter cette mère et des révélations remontent à la surface pour chambouler sa vie plus encore.Un invité désiré contre un autre indésirable, de l’amour inconditionnel, des fantômes et des êtres assoiffés de liberté et de justice, tous réunis dans ce roman qui transmet l’Histoire et dénonce les crimes contre l’humanité commis dans la seconde moitié du xviie siècle.

–  » Beloved » a eu le prix Pulitzer en 1988 .

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 « Beloved » est le livre qui m’a fait découvert la littérature Afro-Americaine. J’ai vu beaucoup de films sur l’esclavage en Amérique, mais lire sur ce sujet m’a évoqué des sensations plus intenses. Forcément car la plume de Toni Morisson arrive à décrire brillamment les émotions humaines ( ce qui n’est pas évident!), et probablement parce que quand je regardais ces films, je percevais ce que d’autres personnes ont réussi à me transmettre, tandis que lire les scènes de cruauté et les descriptions des sentiments dans le livre, m’a incitée à me mettre à la place des personnages. ( au lieu que le metteur-en-scène y met des acteurs).

En lisant « Beloved » j’ai dû m’arrêter plusieurs fois pour méditer sur les répliques de la protagoniste ou pour reposer mon âme d’une douleur désespérée, communiquée par la plume brillante de Toni Morrisson.

 Premières Phrases du Livre 

Le 124 était habité de malveillance Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient, et les enfants aussi. Pendant des années, chacun s’accommoda à sa manière de cette méchanceté; puis à partir de 1873, il n’y eut plus que Seth et sa fille Denver à en  être victimes.
   L’histoire du livre n’est pas racontée dans l’ordre chronologique; le récit du moment présent est tout le temps interrompu par des flashbacks et des souvenirs du passé, et c’est ce que j’ai trouvé difficile lors de ma lecture. J’étais confuse de suivre les histoires de chacun des personnages dans le temps. J’ai dû, des fois, retourner aux chapitres précédents pour lier les événements et rassembler « les pièces du puzzle » ; mais une fois que je tenais le bout du fil, ma lecture poursuivait aisément.

>>> le réAlisme magiQue 

 gordon-slavery
C’est un arbre, Lu. Un prunellier. regarde, voilà le tronc – il est rouge et tout éclaté, plein de sève, et là est  la fourche d’où partent les branches. Tu as une flopée de branches. Des feuilles aussi, on dirait et, ma parole, il y a même des boutons. des tout petits boutons de prunelles, blancs comme tout. Tu as tout un arbre sur le dos. En fleurs…
.
     L’auteur a tissé du rêve dans la réalité amère de la protagoniste. Comme la robe blanche qui enlace Sethe ou les branches de l’arbre sur son dos pour décrire les traces du fouets de son maître, le réalisme magique dans  » Beloved  » se présente révélateur d’une culture africaine superstitieuse et d’une volonté de l’auteur à exprimer la profondeur des événements vécus par des générations d’esclaves noirs en Amérique.
    Au début j’étais un peu perplexe de voir comment les personnages agissent naturellement face à des événements paranormaux, mais au fur et à mesure de ma lecture, je me suis habituée à cet univers merveilleux et remarqué qu’il a un rôle important dans le succès du récit. Sans cette fiction délicieusement introduite, le roman allait être trop noir et ressemblerait à un fait divers ou livre historique déprimant.
     En conclusion, « Beloved » est l’histoire poignante de tous les opprimés de cette époque sombre racontée à travers celle de « Sethe », avec un style poétique et romanesque qui, tantôt nous apaise, tantôt nous révèle l’amertume des malheurs humains. Ce roman est pour moi une nouvelle expérience de lecture que je compte prolonger avec les autres perles de ce genre et de Toni Morrisson.
Entrave d'esclave sur un navire. Musée de la Marine, Paris.

Entrave d’esclave sur un navire. Musée de la Marine, Paris.

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Une réflexion sur “Beloved de Toni Morisson : fantômes et droits de l’Homme

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